Gurvan Govel

2 propositions

1

Gurvan était un forgeron un peu trop perfectionniste et ne se satisfaisait plus du travail commun
Le Forgeron avait pour habitude de ne pas réparer les outils correctement ! Il utilisait du fer de piètre qualité et aiguisait les tranchants dans le mauvais sens, chaque outil qui passait entre ses mains se voyait très vite mal en point et plusieurs utilisateurs en souffraient.
Un jour par mégarde,alors qu'il discutait avec un client en lui vendait un outils bidon pour une lame merveilleuse, il posa un croisant sur un râtelier, celui-ci tremblant et mal fixé s'écroula sur la tête du pauvre homme, le faisant passer de vie à trépas en un instant!
Les seules choses qu'il savait faire c'était les fers à chevaux, les armatures cylindriques de charrues et des outils trop complexes pour être honnêtes.
Lors de sa mort, un autre accident bête, l'Ankou lui inculpa la sentence des criminels et délinquant divers: devenir revenants:
Il est mort et à fait une faute professionnel de son vivant, il sera condamné à errer tout en répétant le geste de son erreur tel est sa pénitence.
Pour son cas il s'agit d’aiguiser 1000 outils de malheureux… et la propre faux d'Ankou bien évidement
saufs qu’aujourd’hui, les outils coupant, les faux, les faucilles… et bien il y en a plus beaucoup enfin pas des tronçonneuse quoi !

Bref Gurvan à entendu la proposition de Kerminy et veut passer une porte pour échapper à sa situation au plus vite.

dictons breton : “Le chemin du Paradis est droit comme une faucille !”


2 sur l'idée de Ankou et le forgeron (Anatole Le Braz)

Gurvan était forgeron à Melgwen dans les années 1800. Habile et inventif, il excellait dans son travail.
Mais si pour le commun des mortels les coups de marteaux, le souffle de la forge avaient tout des bruits de l'enfer, pour Gurvan ils étaient musiques et enchantements.
Pour Gurvan la frappe du métal était rythme, la chaleur du feu, l'expiration de la forge harmonisations.
Il ne travaillait pas le fer mais composait comme on compose an dro ou gwerz avec la matière et l'énergie, outils et objets utiles.
Gurvan dans son ouvrage oubliait le temps, oubliait dans son entrain ses proches.

Vint une certaine veille de Noël, il dit à sa femme après le souper:

Il faudra que tu ailles seule à la messe de minuit avec les enfants 
: moi, je ne serai jamais prêt à t’accompagner 
: j’ai encore une paire de roues à ferrer, que j’ai promis de livrer demain matin, sans faute, 
et, lorsque j’aurai fini, c’est, ma foi de mon lit que j’aurai surtout besoin,.

A quoi sa femme répondit :

Tâche au moins que la cloche de l’Elevation ne te trouve pas encore travaillant.
Oh! fit-il, à ce moment-là, j’aurai déjà la tête sur l’oreiller.

Et, sur ce, il retourna à son enclume, tandis que sa femme apprêtait les enfants et s’apprêtait elle-même pour se rendre au bourg, éloigné de près d’une lieue, afin d’y entendre la messe. Le temps était clair et piquant, avec un peu de givre. Quand la troupe s’ébranla, Gurvan lui souhaita bien du plaisir.

Nous prierons pour toi, dit la femme, mais souviens-toi, 
de ton côté, de ne pas dépasser l’heure sainte.
Non, non. Tu peux être tranquille.

Il se mit à battre le fer avec ardeur, tout en sifflotant une chanson, comme c’était son habitude, accompagnant sa création. Gurvan ne sentit pas s'écouler les mesures du temps.

Puis, il faut croire que le bruit de son marteau sur l’enclume l’empêcha d’entendre la sonnerie lointaine des carillons de Noël, quoiqu’il eût ouvert tout exprès une des lucarnes de la forge. En tout cas, l’heure de l’Elevation était passée, qu’il travaillait encore. Tout à coup, la porte grinça sur ses gonds.

Etonné, Gurvan demeura, le marteau suspendu, et regarda qui entrait.

 Salut ! dit une voix stridente.
 Salut ! répondit Gurvan.

Et il dévisagea le visiteur, mais sans réussir à distinguer ses traits que les larges bords rabattus d’un chapeau de feutre rejetaient dans l’ombre. C’était un homme de haute taille, le dos un peu voûté, habillé à la mode ancienne, avec une veste à longues basques et des braies nouées au-dessus du genou. Il reprit, après un court silence:

J’ai vu de la lumière chez vous et je suis entré, 
car j’ai le plus pressant besoin de vos services.
Sapristi! dit Gurvan, vous tombez mal, car j’ai encore à finir de ferrer cette roue, 
et je ne veux pas, en bon chrétien, que la cloche de l’Elévation me surprenne au travail.
Oh ! fit l’homme, avec un ricanement étrange, 
il y a plus d’un quart d’heure que la cloche de l’Elévation a tinté.
Ce n’est pas Dieu possible! s’écria le forgeron en laissant tomber son marteau.
Si fait ! repartit l’inconnu. Ainsi que vous travailliez un peu plus, ou un peu moins!… 
D’autant que ce n’est pas ce que j’ai à vous demander qui vous retardera beaucoup; 
il ne s’agit que d’un clou à river.

En parlant de la sorte, il exhiba une large faux, dont il avait jusqu’alors caché le fer derrière ses épaules, ne laissant apercevoir que le manche, que Gulvan avait, au premier aspect, pris pour un bâton.

Voyez, continua-t-il, elle branle un peu : vous aurez vite fait de la consolider.
Mon Dieu, oui ! Si ce n’est que cela , répondit Gurvan, je veux bien.

L’homme s’exprimait, d’ailleurs, d’une voix impérieuse qui ne souffrait point de refus. Il posa lui-même le fer de la faux sur l’enclume.

Eh ! mais il est emmanché à rebours, votre outil ! observa le forgeron. 
Le tranchant est en dehors! Quel est le maladroit qui a fait ce bel ouvrage?
Ne vous inquiétez pas de cela, dit sévèrement l’homme. 
Il y a faux et faux. 
Laissez celle-ci comme elle est et contentez-vous de la bien fixer.
A votre gré, marmonna Gurvan, à qui le ton, du personnage ne plaisait qu’à demi.

Et, en un tour de main, il eut rivé un autre clou à la place de celui qui manquait.

Maintenant, je vais vous payer, dit l’homme.
Oh ! ça ne vaut pas qu’on en parle.
Si ! tout travail mérite salaire. 
Je ne vous donnerai pas d’argent, Gurvan, mais, ce qui a plus de prix que l’argent et que l’or
:un bon avertissement. 
Allez vous coucher, pensez à votre fin, 
et, lorsque votre femme rentrera, 
commandez-lui de retourner au bourg vous chercher un prêtre. 
Le travail que vous venez de faire pour moi est le dernier que vous ferez de votre vie. 
Kénavô!

L’homme à la faux disparut. Déjà Gurvan sentait ses jambes se dérober sous lui : il n’eut que la force de gagner son lit où sa femme le trouva suant les angoisses de la mort.

Retourne, lui dit-il, me chercher un prêtre.

Au chant du coq, il rendit l’âme.

Ankou par contre fut tellement impressionné du travail de Gurvan qu'il en oublia son devoir ce matin là.
Il alla faucher une famille empoisonnée par son festin.
Et ne revint pas de sa charrette charger l'âme de Gurvan Govel.

Gurvan erre en peine depuis ce temps,
d’abord attentif au nouveau chemin de fer qui se construit non loin,
puis écoutant le travail des vivants et leurs musiques mécaniques,
sans jamais trouver de nouvel échappatoire.

Mais maintenant une sorte de musique l'appelle du coté de Kerminy.